Rencontre annuelle à LOUGA : Les chefs religieux veulent jouer leur rôle social
Les chefs religieux du Sénégal ont réitéré samedi à Louga leur détermination à jouer pleinement leur rôle dans la société. Une résolution a sanctionné leurs travaux d’échanges sur des questions d’actualité qui touchent le vécu quotidien des populations.
Présidée par Serigne Mouhamadou Mansour Sall, la rencontre annuelle des chefs religieux du Sénégal instituée par les vénérés Serigne Abass Sall, Serigne Hady Touré et Serigne Abdoul Aziz Sy, avait pour but d’ouvrir une large concertation sur certaines questions d’actualité. Cette année, les débats ont tourné autour de quatre thèmes majeurs.
Les deux premiers points concernent le savoir et l’enseignement du Coran qui occupent une place prépondérante dans l’Islam. La question que les religieux se sont posés, c’est pourquoi l’enseignement du Coran, pourtant un support fondamental de cette vie, est négligé au Sénégal ?
« L’enseignement coranique fait partie de notre patrimoine culturel et il faudra l’intégrer dans la planification, le soutenir et l’organiser et même l’élargir, en créant des instituts qui permettront d’apprendre les sciences », recommande Serigne Mouhamadou Mansour Sall. Car, de l’avis du marabout, l’homme, qui n’est pas instruit, est un danger.
L’autre thème relatif à la parité est autrement perçu par les religieux qui parlent plutôt de l’égalité de sexes. Selon eux, la parité telle que véhiculée est un faux problème.
« L’Islam a tout le temps considéré la femme comme un élément fondamental de la société, honorée et très respectée », défend le khalife de Serigne Abass Sall, pour qui, « la femme et l’homme, c’est comme le jour et la nuit et il n’y a qu’une différence de rôles ».
Actualité oblige, les évènements du 23 juin et l’élection présidentielle de 2012 s’invitent aux débats, à travers le dernier thème relatif au rôle des marabouts dans la politique.
« Nous ne faisons pas de la politique politicienne au sens machiavélique du terme », assure M. Sall. Qui ajoute que le marabout peut être politique en s’intéressant à la vie de société, car il ne peut pas rester indifférent à certaines questions qui touchent le vécu quotidien des populations et de ses talibés. Non sans préciser que le marabout, qui pourrait même mobiliser ses talibés, ne donnera jamais une consigne de vote, pour ne pas fausser le jeu démocratique.
«Les religieux ne sont pas des marionnettes, il y a parmi eux des savants, des intellectuels philosophes et il faudra que les leaders politiques surveillent bien leur langage », recommande le khalife de Serigne Abass Sall.
Dans leur résolution, les participants venus de toutes les familles religieuses du pays ont fait deux grandes propositions : la création d’un Haut conseil national des chefs religieux et l’introduction d’un article dans la Constitution qui interdit à tout président de la République du Sénégal, de manifester son appartenance à une quelconque confrérie ou secte religieuse, afin de préserver la stabilité et la paix sociale.
Ousmane MBENGUE
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