Transport urbain : LOUGA à l’heure des vélos-taxis
La ville de Louga considérée jusque- là comme une petite bourgade, pour ne pas dire une commune rurale, avec le développement du transport hippomobile, est en train de connaître une révolution en matière de transport urbain. Avec l’avènement des motos-taxis, c’est une véritable concurrence que les taxis et autres véhicules hippomobiles sont en train de subir dans la capitale du Ndiambour.
Avec ses quelques 120 000 habitants, la ville de Louga a bénéficié, avec l’avènement de l’alternance, de nouveaux kilomètres de routes goudronnées. Ces nouvelles routes sont plus visibles au niveau des quartiers Keur Serigne Louga et Artillerie. Des infrastructures qui ont beaucoup contribué au développement du transport urbain et la mobilité des populations. Jadis considéré comme la chasse gradée des véhicules hippomobiles ou calèches, le transport urbain a longtemps souffert de la rareté des taxis.
C’est par la suite que ces derniers, aujourd’hui plus d’une centaine, ont commencé à investir le créneau, se disputant ainsi la clientèle avec les calèches qui ont été les premiers moyens de transport urbain qui donne le caractère de Louga-ville, une commune rurale. Mais désormais, le transport urbain est en train de connaître ces derniers temps, un développement fulgurant avec l’avènement des motos-taxis.
Très connus à Kaolack, le transport par motos fait irruption dans la ville pour installer une véritable situation de concurrence aux taxis et calèches. Au niveau de toutes les artères de la commune, ces motos Jakarta font la loi et terrorisent les propriétaires de taxis. Un moyen rapide, simple et moins coûteux
Considéré comme un moyen efficace de déplacement, les motos taxis sont actuellement très prisées par les populations, sauf les grandes personnes, qui se soucient de leur sécurité. « Mais c’est à la mode, ces Jakarta ; ils sont rapides simples, efficaces et moins coûteux. Moi, je ne vois pas pourquoi je payerai 500 francs en taxi à la place de200 francs », confie cet adulte.
Pour lui, c’est une aubaine, si l’on sait que la vie est chère et le prix du taxi n’est pas à la portée de tout le monde, tous les jours. « Je vous dis que tous les jours, je dépensais au moins 2000 francs pour me rendre au travail le matin et l’après midi. Si je vous dis maintenant qu’avec 800 francs, les motos règlent mon problème », confie-t-il. A part les adultes, les jeunes filles et garçons font de ces Jakarta, leur moyen de déplacement quotidien.
Forte concurrence avec les taxis
« Mais écoute mon frère, ces motos sont faites pour nous la jeunesse, et c’est vraiment entre nous quoi », se glorifie notre interlocuteur. Descendant de la moto pour sortir une pièce de 200 francs pour la remettre au conducteur de Jakarta qui est du même âge que lui, notre interlocuteur de poursuivre « Yenna ko yor ». Par la même occasion, devant la mairie, une jeune fille habillée d’un jean, s’apprête à monter sur une autre Jakarta, direction Keur Kabassi. Elle lance avant son départ, « jam rek » (la paix seulement). Une sorte d’aubaine pour que tout le monde semble trouver à son compte. Pour ce conducteur de motos Jakarta, qui jubile : « pas question de quitter le secteur. « Mon oncle m’a acheté cette moto à moins de trois cent mille francs, et je lui verse 4000 francs par jour, le reste, c’est dans ma poche » révèle-t-il.
Mais si ce moyen de transport satisfait la clientèle surtout jeune, pour nombre d’adultes, cela n’est pas fait pour eux. Ameth Diallo, la cinquantaine révolue, de commenter, « c’est vraiment risqué ».
Pour lui, « il n’est pas question pour un adulte conscient du danger, de la vitesse de la moto, de l’inconscience et de l’irresponsabilité des jeunes conducteurs, de sacrifier sa vie pour 200 ou 300 francs ». Même point de vue de cette dame qui détourne le regard pour ensuite apporter son grain de sel « quelle folie, « magoum dieum thi moto » » (un adulte sur une moto). Mais dans toute cette histoire, ce sont les taximan qui en souffrent le plus. D’aucuns parlent même de concurrence déloyale et en appellent à la responsabilité des autorités.
« Non seulement il y a un problème de sécurité, mais ce n’est pas juste que des gens se réveillent un bon jour pour faire du transport, alors qu’ils n’en n’ont pas le droit », déclare ce jeune chauffeur de taxi. Entouré de ses collègues à côté de la place publique, il vocifère : « au nom de quoi, ils s’arrogent ce droit alors que nous payons nos taxes et licence pour faire ce métier ». A en croire ces taximan, ils s’acquittent, chaque mois, d’une taxe de 3000 à 5000 francs au niveau de la mairie, en plus de 22 000 francs aux Impôts et Domaines.
Règlementation
C’est pourquoi, ils demandent aux autorités de sévir avant que le phénomène ne prenne des proportions démesurées. Il faut une règlementation, car ils ne paient pas d’assurance, ils n’ont pas de vignette et rares sont ceux qui ont un permis », souligne Cheikh Fall.
Le président du regroupement des chauffeurs de taxis de Louga d’avertir, « si rien n’est fait, nous allons rendre nos licences et enlevé la peinture jaune-noire, pour redevenir des taxis-clandos en nous déchargeant de toute taxe ». Du côté des propriétaires de motos, si certains sont contre la règlementation, d’autres appellent leurs collègues à entendre raison. « Il nous faut des assurances pour qu’en cas d’accident, l’on puisse nous prendre en charge, et pourquoi pas même des permis, c’est toujours utile », conseille ce jeune.
Avant d’inviter ces collègues à s’organiser en créant une association en vue de défendre leurs intérêts et même travailler avec la mairie qui pourra les subventionner. En attendant la réaction des autorités, la colère des chauffeurs de taxis ne perturbe en rien l’activité quotidienne de ces conducteurs de motos taxis.
Chaque jour, au moins, ils rentrent avec 5000 ou parfois même 7000 francs Cfa à la maison. Un créneau porteur qui attire surtout les jeunes qui en font un véritable business, leur permettant sans doute de sortir du chômage et gagner honnêtement leur vie.
Ousmane MBENGUE
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Bourda chez Serigne Abass Sall de [CONTRIBUTION]: Louga : entre genèse et particularités
(05-02-2012 -- 05:25:41 - Mansour Gaye) -
[CONTRIBUTION] Wade, l’ordonnance et l’ordre ou la problématique du Ndigueul
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[CONTRIBUTION] Il faut arrêter de considérer la violence physique comme la seule violence !!
(02-07-2011 -- 05:14:07 - Thierno Gueye) -
[CONTRIBUTION] Mouvement des Femmes Libérales de Louga : Non à la candidature de Fadima TALL !
(13-06-2011 -- 06:45:33 - Mansour Gaye)
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